Placements Empire Vie

Avec Confiance

Approche axée sur la valeur

Le chef des placements de Placements Empire Vie, Ian Hardacre, décrit sa stratégie de placement et vante les bienfaits d’une approche anticonformiste

La dernière année a été riche en rebondissements pour Ian Hardacre. Ses 19 années de service auprès d’Invesco Canada (anciennement Trimark) ont pris fin en février dernier, mais dès le mois de mai, il était de retour en selle à titre de gestionnaire principal, Portefeuille d’actions canadiennes à Placements Empire Vie. Son année 2016 s’est conclue par une promotion : l’Empire Vie l’a choisi comme nouveau chef des placements en décembre. 

Le conseil d’administration a fondé sa décision sur son expérience de plusieurs décennies en matière de placements et sa forte conviction en son travail. Les actions canadiennes ont atteint des sommets en 2016, mais la chasse aux actions ne fait pas partie de la stratégie de M. Hardacre.

« Nous sommes des investisseurs qui privilégient la valeur : nous ne changeons pas notre stratégie en fonction du marché, affirme-t-il. Nous nous basons sur une longue période de temps, de 3 à 5 ans en général. Je privilégie l’achat d’actions de sociétés de grande qualité qui ne sont pas bien cotées. »

Ces sociétés ne sont pas faciles à trouver. Si c’était le cas, tous les investisseurs adopteraient cette approche. Cette stratégie requiert de la patience, une qualité rare dans le secteur des placements. Mais pour M. Hardacre, la patience constitue le principe de base de la stratégie de placement qui l’a bien servi pendant plusieurs décennies.

« Il faut être anticonformiste et réfléchir de façon novatrice, estime M. Hardacre. Il faut se baser sur une longue période de temps et ne pas se soucier des résultats du trimestre courant ou du suivant. Si une société n’obtient pas de bons résultats et que l’action s’en ressent, nous en tirerons parti. J’appelle ce phénomène "l’arbitrage du temps". »

L’aspect le plus important de ce processus est de trouver des sociétés qui sont passées inaperçues, mais qui possèdent un grand potentiel de succès. La découverte de telles sociétés s’apparente à la découverte d’une aiguille dans une botte de foin; c’est laborieux, mais la récompense peut être formidable.

« Pour nous assurer une marge de sécurité et éviter une perte permanente de capital, nous n’achetons pas d’actions de sociétés surendettées, ajoute M. Hardacre. Nous évitons également les équipes de gestion malhonnêtes. »

En plus d’accéder aux données financières des sociétés cotées en bourse, ce qui est plutôt aisé, M. Hardacre inclut à son approche l’examen de facteurs plus abstraits. Si les bénéfices d’une société n’offrent pas toute l’information voulue, il effectue un examen plus détaillé avant d’investir.

« Il faut s’assurer de rencontrer le chef de la direction et les membres de la haute direction de toute entreprise canadienne dans laquelle on envisage d'investir, soutient-il. L’expérience de l’équipe de gestion et la culture globale de la société sont des éléments clés. Lorsqu’on examine les sociétés dont le cours des actions a subi d’importantes baisses à la suite d’une forte hausse, on constate généralement que la culture de la société comportait des lacunes.La rémunération dicte presque toujours la performance de l’équipe de gestion; il faut donc vérifier comment elle se présente. »

M. Hardacre a élaboré sa stratégie de placement sur une longue période, d’abord au Régime de retraite des enseignants de l’Ontario, puis auprès de Trimark et maintenant à Placements Empire Vie. Cette expérience élargit la perspective de M. Hardacre, particulièrement en ce qui concerne les forces externes et leurs répercussions sur le portefeuille d’un investisseur. Les marchés ont connu l’année dernière d’importantes fluctuations favorisées en premier lieu par la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne, puis par la victoire électorale inattendue de Donald Trump. Pour un investisseur axé sur la valeur comme M. Hardacre, l’incertitude découlant de tels évènements se révèle souvent bénéfique. 

« La volatilité des marchés nous est favorable : elle crée des occasions d’achat, explique-t-il. Notre modèle consiste à étudier les sociétés dont nous voulons acquérir les actions, à choisir un prix d’acquisition que nous estimons inférieur à la valeur de la société, puis des évènements de grande amplitude, comme le retrait à venir du Royaume-Uni de l’Union européenne, nous donnent l’occasion d’acheter ces actions. » 

Dans le cas du référendum au Royaume-Uni, la réaction violente des marchés est survenue immédiatement après l’annonce des résultats du vote, mais s’est apaisée peu après. Les négociations sur les modalités du retrait du Royaume-Uni sont toujours en cours, et l’incertitude quant à l’avenir demeure, mais les investisseurs qui privilégient la valeur garderont l’œil ouvert pour la suite des choses de l’autre côté de l’Atlantique. 

Plus près de chez nous, les ramifications de la victoire de Donald Trump se font sentir à grande échelle et intensément. Les marchés boursiers ont nettement progressé depuis novembre, alors que la valeur des obligations plongeait à la perspective de pressions inflationnistes. L’incertitude découlant de la présidence de M. Trump oblige l’équipe de Placements Empire Vie à pousser les recherches pour découvrir les perles rares.

« Il est dommage pour nous que les effets de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne n’aient duré que deux jours, déplore M. Hardacre. Nous achetions des titres au Royaume-Uni et en Europe immédiatement après l’élection. Je crois que nous constaterons beaucoup de volatilité cette année en raison de certaines politiques que Washington mettra en place. » 

Il s’attend à ce que, sur le marché national, la tendance à la croissance se maintienne aux mêmes niveaux que l’année dernière, soutenue par les secteurs traditionnellement forts. 

« Au Canada, ce sont principalement trois secteurs qui stimulent la croissance, observe M. Hardacre. L’énergie devrait continuer de bien faire cette année. J’estime que les banques et les assureurs tireront également leur épingle du jeu. Le secteur des matières premières est plus difficile à analyser et à en prédire l’orientation. Quant au marché américain, nous avons connu une forte hausse depuis l’élection. Nous devons nous montrer un peu plus prudents dans nos valorisations sur le marché américain, mais nous estimons qu’il est tout de même possible de trouver de bonnes occasions d’actions de valeur exceptionnelle. »